L’Humain face aux nouvelles technologies :  le défi de l’adaptation.

L’Humain face aux nouvelles technologies : le défi de l’adaptation.

Entre attrait certain et défiance franche, la relation de l’Homme à la machine a toujours été complexe et ambiguë. Mais avec l’avènement d’Internet, le rythme des évolutions technologiques a drastiquement accéléré, représentant un nouveau défi de taille : celui de l’adaptation mutuelle.

L’homme et la technologie : de l’euphorie à la paranoïa

Longtemps le rôle de la machine a principalement été de réduire la fatigue physique de l’Homme en accomplissant pour lui des travaux répétitifs, dangereux ou fatiguant. Puis, les machines sont devenues capables d’effectuer des missions à valeur ajoutée, faisant d’elles plus qu’un outil, un véritable assistant, une indispensable aide à la prise de décision.

Mais de plus en plus, l’Intelligence Artificielle investit des fonctions exigeant de l’analyse et de la réflexion. Et dans un futur proche, elle sera même en mesure de répondre à des missions de prises de décisions complexes, menaçant ainsi de remplacer l’Homme dans certaines de ses fonctions. Par exemple, un algorithme siège au conseil d’administration d’une entreprise au Japon !

Comme toujours tout au long de son histoire, la relation de l’être humain avec les évolutions technologiques est ambivalente. D’un côté, il les admire et veut les posséder car elles le font se sentir moderne. Il est l’Homme du nouveau siècle. De l’autre, le manque d’expérience le pousse à projeter sur elles des scénarios catastrophes digne de la Science Fiction. Il en a, par exemple, été ainsi avec les premières cartes bleues dont on ne saurait pourtant plus se passer aujourd’hui. Et ce, même si elles collectent une importante quantité de données sur nous.

Le schéma se répète une nouvelle fois avec les nouvelles technologies d’aujourd’hui telles que les objets connectés et autonomes ou encore la réalité virtuelle. Ce qui effraie ce n’est pas seulement cette intrusion de plus en plus poussée dans notre vie privée, après tout, nous nous sommes tous habitués aux caméras, cookies et autres mini-espions. Ce qui effraie, c’est surtout l’usage qui en sera fait. À quel moment ces centaines de milliers de données collectées sur nous, nos habitudes de vies, nos préférences et tout le reste seront utilisées contre nous ? À quel moment serviront-elles les dérives autoritaires d’un monde qui semble devenir chaque jour un peu plus fou ?

L’homme et la technologie : une évolution qui manque de parallèle

L’un des principaux enjeux de cette relation Homme / Machine c’est que le rythme d’évolution de la technologie augmente sans cesse et dépasse de loin le nôtre. Nous n’avons plus le temps de nous adapter. Nos cultures, nos organisations et même nos modes de pensées n’ont pas le temps de suivre. Les changements deviennent de véritables mutations et les évolutions des révolutions ! L’homme a peur d’être dépassé – et à vrai dire, il l’est !

Combien d’entre nous comprennent réellement l’ampleur des données personnelles laissées lors de visite sur des sites marchands par exemple ou encore lors de l’utilisation de réseaux sociaux ? Or cette épée de Damoclès qui semble peser sur nos vies privées et nos libertés individuelles ne peut être laissée ainsi au grès des avancées industrielles et commerciales.

À un moment donné, les nouvelles technologies devront être régulées, si l’on ne veut pas qu’elles menacent les fondements mêmes de nos organisations sociales, économiques et politiques. Il leur faudra un cadre règlementaire, une autorité juridique, probablement internationale, pour déterminer les champs d’actions des machines intelligentes et de leurs frénétiques collectes de données. Comme le dit si bien Charles-Édouard Bouée, auteur du livre  » Confucius et les Automates » (Éditions Grasset, 2014),  » la société des machines ne pourra pas ne pas être régie par les humains ».

L’homme et la technologie : vers une relation gagnante ?

D’ailleurs, l’Homme a déjà commencé à réagir. Il existe des contre-mouvements citoyens pour faire face à cette trop grande évolution de la technologie, comme par exemple ceux que l’on appelle les « low-tech » (par opposition au terme « high tech »). Il y a bel et bien une prise de conscience citoyenne. On veut désormais revenir à l’essentiel : minimiser l’impact des objets sur l’environnement, apporter une vraie plus-value à l’utilisateur, retrouver un sens réel.

On veut aussi redonner de l’émotionnel en ré-humanisant la relation à la machine et en recentrant les nouvelles technologies, non-plus sur un Capital qui dévore l’Humain, mais sur l’Humain lui-même. Et c’est avec cette vision humaniste d’un côté et un cadre réglementaire approprié de l’autre, que l’Homme pourra réellement marcher main dans la main avec la technologie.

De tels concepts existent d’ailleurs déjà : jouets éducatifs intelligents permettant aux enfants d’apprendre autrement,  robots d’assistance aux séniors pour faire face au vieillissement de la population, aspirateur à déchets qui nettoie les océans et bien d’autres projets encore qui redonnent foi en la relation de l’humain et des nouvelles technologies.

Finalement l’enseignement que l’on peut tirer de tout cela c’est que bien souvent c’est l’ignorance qui engendre l’appréhension, voire même la peur de ces outils au demeurant fort utiles. Un accompagnement bienveillant peut alors s’avérer nécessaire pour s’adapter, à son rythme, à ces nouvelles technologies et évoluer sereinement avec elles vers une relation pérenne.